Olivier Beaud, Carl Schmitt face à Weimar de la Verfassungslehre au hüter der Verfassung (1928-1931)

Le titre de cette conférence, «Carl Schmitt face à Weimar de la Verfassungslehre au Hüter der Verfassung (1928-1931)», pourrait étonner pour au moins deux raisons. La première, c’est qu’il paraît assez peu raisonnable de limiter le sujet à un espace de temps si restreint, seulement trois années. La seconde raison est encore plus importante pour ceux qui connaissent l’œuvre de seconde raison est encore plus importante pour ceux qui connaisent l’œuvre de Schmitt. On admet d’habitude d’admettre que se pensée constitutionelle sous la République de Weimar épouse les trois périodes de la vie politique de l’époque: l’immédiat aprés-guerre, chaotique de Allemagne (1919-1923), la période de stabilisation politique et constituionnelle (1924-1929) et la nouvelle période de crise qui aboutit à la chute du régime (1930-1933).

Malgré ces objections qui viennent immédiatement à l’esprit, on a choisi pourtant comme point de départ 1928, la date de publication de la Verfassungslehre (le grand traité de droit constitutionnel écrit par Schmitt) et comme point d’arrivée 1931, la date de publication de sa brochure sur le gdc (Hüter der Verfassung). Il y a une raison à un tel choix qui procède − on nous pardonnera de l’évoquer ici − de nos propres travaux antérieurs sur Carl Schmitt. En effet, dans un travail maintenant ancien qui est la préface à la traduction française de la Verfassungslehre, nous avions étudié l’œuvre de Schmitt da sa jeunesse (1910) à la rédaction de son Traité (1928). Puis dans un second essai, Les derniers jours de Weimar, Schmitt face à l’avènement du nazisme, nous avions étudié ses derniers écrits, en particulier son essai Légalité et légitimité, datant de 1932. Un peu par l’effet du hasard, nous avions donc laissé de côté dans notre analyse la période 1928-1932. Ce fut toujours un regret que d’avoir ici laissé un « trou » dans l’étude de l’œuvre constitutionelle de Schmitt sous Weimar. Nous avons voulu en partie combler cette lacune en organisant avec Pasquale Pasquino, un colloque franco-allemand à Berlin sur La controverse sur le « gardien de la Constitution ». Kelsen contre Schmitt (Paris 2007). Mais surtout nous voulions y revenir pour présenter aux lecteurs de la revue Jus Politicum sera la prochaine traduction de l’article de 1929 sur « Le Reichsgericht als Hüter der Verfassung » qui est en voie d’achèvement.

Ainsi, quand le professeur Fulco Lanchester nous a gentiment invité à Rome et nous a suggéré un titre pour cette conférence, nous avons choisi de traiter cette période des années 1928-1931. D’autres considérations peuvent aussi expliquer un tel choix car, à travers la période considérée, se laisse percevoir le moment d’un nouveau basculement du régime de Weimar qui, à partir de mars 1930, devient un régime de « cabinet présidentiel », aux antipodes du régime parlementaire voulu par les constituants. Schmitt accompagne ce mouvement, et le soutient de plus en plus nettement. […]

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Sommaire de l’article: Introduction. – I. La pertinence du matériau biographique pour expliquer la production intellectuelle des de Schmitt pendant les années 1928-1931. – II. Réexaminer les thèses sur  « le gardien de la Constitution » à partir des articles de 1929. – A) Les gains d’une lecture généalogique et comparée des textes sur le gardien de la Constitution. – B/  Le gardien de la Constitution et la théorie constitutionnelle : ce qui « tient » encore dans l’analyse schmittienne. – III. La conférence de Breslau sur la Constitution de Weimar (1930) : une innovation sur le fédéralisme et une vulgarisation intelligente du droit constitutionnel. A) Des développements inédits sur le fédéralisme sous Weimar. – B) Une évaluation  très ambiguë de la Constitution de Weimar.

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